Michel Betting


Bord de mer (2)

À chaque vague
Elle fait un petit bond
Se mouillant chaque fois un peu plus
Puis
Dans l’eau froide
Elle finit par plonger

Indifférente
La mer s’en vient
La mer s’en va
Et la foule des galets
Lance un grand « oh ! »

Lentement
Elle sort de l’eau
Précautionneusement
Marche sur les cailloux
énergiquement 
S’essuie
Discrètement
Enlève son maillot
Puis
Sa robe légère
D’un mouvement souple des deux bras
Elle enfile

Ému
Le soleil rosit
Le soleil rougit
Et la foule des galets
Pousse un immense « hourra ! »








Michel Betting a découvert la poésie et l'écriture sur la tard, vers la cinquantaine, par le biais du haïku. Il s'essaye également au tanka, au pantoun et à la poésie de forme libre, quand l'inspiration veut bien le visiter, toujours avec des mots et des formes simples. C’est sa première apparition dans Lichen.

7 commentaires:

  1. Maintenant que vous les dites, c'est vrai que les galets de bord de mer lancent des cris. On s'y croirait et c'est splendide. Merci!

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  2. Charmante vignette, toute en finesse.Bravo!

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  3. J'imagine très bien la scène joliment contée !!

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  4. Oui, c'est cela , et la vie est belle ainsi.

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  5. Oui, c'est charmant ! J'aime beaucoup.

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  6. Commentaire Guy Lebressan : Très charmant en effet. La foule des galets, le soleil... Un alibi pour le voyeur ?

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