L’Atelier du don de mots

 

Les textes obtenus avec les mots donnés

 

Pour ce numéro, 34 mots (ou expressions) avaient été récoltés, donnés par 12 lectrices et lecteurs, et 4 volontaires m'ont rejoint pour l'exercice. 

 

(sans titre)

Laissons les Dies irae sous l'amure.

Ouvrez vos écoutilles heureux amis de la chansonnette, de la rengaine au vert et de la courgette à gousset : Cécile, la belle odalisque orfevrie et ses cils iridescents vous invitent à faire route ensemble pour aller craquer, cliquer, claquer, glousser lubriquement passage de bisangoin où tous les débordements seront permis.

Des vivres en quantité et de quoi calmer les soifs seront offerts. Atterrissez sous l'auvent les fiers-à-bras !

Si la fête plafonne, elle organisera le traditionnel franchissement du blanc-estoc et le concours du plus gros mangeur de métaboles. 

(Éric Cuissard)

 

(sans titre)

De bisangoin en bise en coin, les débordements d’un fier-à-bras ont fait glousser ma belle, sans métabole, ni parabole – sans rengaine ni chansonnette. Ma belle ! Ma Cécile ! Pas de bol, je les ai vus faire route ensemble – 

Au passage des amis ont craqué les voyant si heureux et les ont pourvu de vivres – un plein gousset de courgettes au vert de poireaux, de poires pour la soif et de pain d’épices pour les délices.

Ravagé à blanc-estoc, j’ai fait claquer mon fouet et atterri chez une odalisque des mieux orfévries, ultime franchissement avant le Dies irae.

(Annie Hupé)

 

(sans titre)

Les amis font route ensembleheureux, unis par le même impératif de franchissement de leur condition. Ils ont un espoir : atterrir en un lieu où des vivres leur seront offerts pour contenter leur faim et leur soif. En attendant, ils repassent les événements, le débordement de fureur qui a provoqué le blanc-estoc de leur forêt. Oui, ce grand fracas, à l'instant où la canopée a craqué tout entière, claque encore à leurs oreilles. Et depuis, tout va de bisangouin. Alors qu'ils naviguent depuis deux heures, un son leur parvient par les écoutilles, comme une rengaine qu'une voix de femme glousse légèrement. Aussi mélancolique qu'un Dies Irae. Après un instant de silence, la chansonnette reprend en métabole musicale. Le plus audacieux d'entre eux, le plus fier-à-bras descend dans la cale. Il y trouve une jeune femme, longue et fine odalisque allongée sur son gousset d'un ton vert-courgetteorfévricomme un riche bijou. Pressée de questions, elle raconte son histoire : elle se prénomme Cécile, est restée enfermée des années durant dans un harem d'où elle vient enfin de s'échapper. L'intensité de son récit plafonne lors d'un passage particulièrement émouvant que les amis descendus à leur tour écoutent avec curiosité. Cécile, sous ses cils iridescents, rayonne au vert éclat d'une lampe-tempête tandis que, là-haut sur le pont, on entend les amures cliquer au-vent

Lecteur, ne te pose pas de vaines questions : cette histoire finit moins lubriquement que ton imagination ne le supposât un instant !

(Annabelle Gral)

 

Aux amis de passage

Nous avons fait route ensembleau travers un blanc-estocfranchissement de bisangoin mais sans débordementFiers-à-bras craquant pour Cécile, ses cils et sa chansonnette, nous gloussions lubriquement. Pas la peine d’une métabole ! Telle une odalisque parée en gousset d’une courgette orfévrie iridescente, elle se tenait sous l’auvent.

Pour atterrir sans plafonnerau vert j’ai préféré le bleu. Cliquez amure ! Claquez la voile ! Les vivres sous l’écoutille, me voici, sans soif, sifflant heureux une rengaine, loin, bien loin d’un Dies irae !

(Anaïk Simon)


Rengaine ta rengaine

Ô Cécile, je ne te pousserai pas la chansonnette

mais ton gousset me fait craquer la courgette !

Ensemble, nous ferons routelubriquement,

comme des amures plafonnées sous l'auvent.

Nous irons vers le franchissement des écoutilles

(sans perdre au passage ni vivres ni billes)

heureux comme des fiers-à-bras iridescents

gloussant des Dies irae de débordement

ou comme des métaboles de grandes odalisques

qui cliqueront et claqueront (bisque ! bisque !)

et atterriront de bisangoin au vert d'un blanc-estoc

Mes amis, que j'ai soif de ses cils orfévris (point en toc !) !

(Guillemet de Päranthez)

 

1 commentaire:

  1. Guillemet, rien que pour ton deuxième vers (verre?), je te donne vingt.

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