L’Atelier du don de mots


Les textes obtenus avec les mots donnés

Pour ce n° 30 de Lichen, seulement 27 mots (ou expressions) récoltés, donnés par 14 lectrices et lecteurs, et 6 volontaires m'ont rejoint pour l'exercice. Merci !

(sans titre)
Un soir, encore torse nu et en brodequins de fenaison, lire poétiquement l’amouracha. Papillonnements de regards adornés..
Il observa bientôt ces batraciens limicoles de poulailler, tout ce bestiaire humain.
ET PUIS QUOI ENCORE ? parvint-il plus tard à sortir entre plusieurs jurons... JAMAIS PLUS, PLUS JAMAIS !!!
... Liberté, rectitude, amarrer à la brise... (Oh oui, oui, s’exclamait-il en comptant sur ses doigts)
(ou encore :) ... Concordant de toujours, comme éternellement... (Ben oui, ça fait pile douze... Mais va falloir qu’ça rime...)
Car désormais, jubilant d’appréciations vagues, il se lançait frénétiquement à raffiner. Léopold* d’Uranus transplanté dans une ferme, il alexandrinait.
* Personnage d’Uranus, roman de Marcel Aymé. Léopold est un cafetier alcoolique hanté par la beauté des vers d’Andromaque, de Racine.
(Clément G.S.)

et puis quoi encore ?
je voudrais éternellement amarrer ma barque sur une mer de velours bleu
je voudrais jubiler au grand bestiaire et ne jamais me perdre
je voudrais adorner les jurons pour qu'ils crient « liberté »
je voudrais vivre, brodequins lacés, une éternelle saison de fenaison
je voudrais m'amouracher un jour des batraciens de mon poulailler
je voudrais vivre frénétiquement les soirées sous la brise en été
je voudrais raffiner le terreau limicole et qu'il devienne humus odorant
je voudrais m'amarrer à ma rectitude, poétiquement
je voudrais sentir ton appréciation dans le papillonnement de tes paupières
je voudrais toujours lire tes mots sur le torse des statues
mais tous mes vœux seront-ils jamais concordants ?
(Annabelle Gral)

Cendrillon et Pabo le crapaud
S'amouracher d'un batracien, jamais, et puis quoi encore ?
Dans le bestiaire poétiquement correct il y a d'autres choix, j'ai lu quelques livres.
D'accord, je n'aurais pas dû amarrer mon brodequin de velours un jour de brise.
C'est que j'espérais le prince charmant, le torse bombé, la rectitude teintée de liberté, éternellement beau, adorné d'un panache blanc, le vague à l'âme mais l'appréciation subtile.
Ah ! tu jubiles à m'imaginer me frottant frénétiquement au corps mou de ce crapaud limicole.
Toujours moqueur, résidu de poulailler ! Va finir les fenaisons avant que je te raffine les glandes dans un papillonnement concordant de punaises et de perces-oreilles accompagné de jurons vengeurs !
(Éric Cuissard)

Lui
Son torse adorné parlait de bestiaire et de liberté. On pouvait y lire sa vie éternellement désertée par la rectitude. Toujours amarré à la brise de ses sentiments, toujours prêt à s'amouracher au moindre papillonnement batracien — ses jurons en faisant frénétiquement jubiler plus d'un-e — il cherchait dans le poulailler du monde la fenaison qui lui rendrait le goût limicole de l'amour.
(Margueritte C.)


Rectitude d'appréciation
Un batracien s'amouracher d'un poulailler ?
Bestiaire frénétiquement épris de liberté qui jubile poétiquement.
La fenaison velours s'adorne toujours d'un brodequin-juron qui bombe le torse sous la brise.
Vague le papillonnement limicole raffine amarré éternellement à lire « Et puis quoi encore ? » jamais concordant.
(Anaïk Simon)


Et puis quoi encore ?
Sur la photo, vous jubilez.
Vous allez me parler de liberté ? Dans votre cas, c’est plutôt un papillonnement !
Mon appréciation est que vous vous amourachez toujours frénétiquement.
Je vais vous le dire poétiquement, pousser un juron de velours :
Une vague d’hormone vous pousse encore à vous amarrer dans un poulailler, à vouloir me présenter un bestiaire.
Ce batracien limicole qui bombe le torse à vos côtés est concordant avec vos précédentes conquêtes : même adorné de brodequins il ne sera jamais raffiné.
Ceci me brise le cœur.
(Gaëlle Moneuze)

lire, et puis quoi encore ?
éternellement,
toujours
et jamais
s'amouracheront
en jubilant,
sans juron,
sans brise
et sans vague (à l'âme).

frénétiquement,
le papillonnement
du bestiaire
(poulailler limicole
et batracien)
adornera
ses brodequins
en toute liberté (au jasmin).

poétiquement,
la rectitude
du torse
raffinera
la fenaison
concordante 
d'une appréciation
amarrée (basse).
(Guillemet de Päranthez)

3 commentaires:

  1. Série particulièrement réussie ! Bravo à tous ! :)))

    RépondreSupprimer
  2. Et bien! Heureusement qu'elle est là, la Gribouilleuse décalée, sinon on se demanderait pour qui on se casse le... cerveau à composer des histoires improbables avec des mots impossibles. Merci la Betty, cékeutoikégenti.

    RépondreSupprimer
  3. sophie Marie van der pas15 octobre 2018 à 10:42

    je n'ai pas eu le temps de me plonger dans l'atelier ce mois ci. Ceci m'oblige donc à lire les textes comme lectrice! et le plaisir est là!! superbes inspirations!!

    RépondreSupprimer