L’Atelier du don de mots

Les textes obtenus avec les mots donnés

Depuis plusieurs numéros, quelques auteur(e)s volontaires se sont joints à Guillemet de Parantez pour composer des textes à partir des mots reçus comme don par la rédaction de la revue. Voici ceux obtenus ce mois-ci, dans l’ordre de réception.

Coup d’œil
Alizarine aux Seychelles
S’enorgueillit de claires-voies
Toute tordue sur son échelle
Jetant des figues sur les toits

Quand le baroudeur indigo
à l’hyposulfite de soude
Lança un duel dos à dos
L’alchimiste voulut en découdre

Au rythme des ulcérations
De ses mélismes humeuresques
Au milieu des rhododendrons
Sartre avait l’air un peu grotesque

La brumaille de ses essais
étriqués d’éteules en moissons
Laissait le sourcier sur le quai
Forjeter myriade de questions

Cette recherche rocailleuse
Suggérait le ravissement
D’une grenade scandaleuse
Entrecroisée très dignement

Au gré des poussières nocturnes
Gloupissait un fou de Bassan
Enguirlandait jusqu’à Saturne
Ce bilboquet rebondissant

Si la randonnée systémique
Arnaquait d’émerveillement
Prenant la fuite anarchique
Son œil rétif changea de camp

Sous les pollutions aériennes
De ses visions asymétriques
Suivant le sens de l’éolienne
ça devenait philosophique
Bénédicte Rabourdin.

(sans titre)
—  Comment, Sartre aux Seychelles ?!!  gloupit sa gouaille sur le quai forjeté aux rétifs fous de Bassan entrecroisés, dignement humeuresques. Il ferait beau voir ça, ha ha ha!
—  Mais dis, quelle randonnée loin des brumailles, poussières nocturnes et autres pollutions aériennes, moissons d’ulcérations,  éteules rocailleuses, si loin aussi des rythmes scandaleux, de ces recherches systémiques à vous arnaquer un en-soi, de ces fuites tordues au rebondissant dos à dos du pour-soi...
—   Baroudeur ou sourcier, lui,  dans les rhododendrons ?! Alchimiste étriqué à l’échelle d’un bilboquet à claires-voies,  tout au plus !
—  Laisse-moi donc t’enguirlander... Car m’enorgueillit d’avance son émerveillement existentiel suggéré en mélismes parmi les figues indigo, l’alizarine des grenades et autres ravissements par myriades à fixer pour nos yeux sur hyposulfite de sodium...
CGS.

L'arnaque
Sartre a-t-il dignement, dans sa gouaille humeuresque et scandaleuse, enguirlandé  l'alchimiste  d'avoir osé forjeter l'hyposulfite de soude avec son bilboquet pendant le rythme de la  moisson, alors que le sourcier rétif, perclus d'ulcérations, parti aux Seychelles  pour une randonnée contre les pollutions aériennes, en recherche d'émerveillement  de myriades  de poussières nocturnes, s'enorgueillait de rhododendrons indigo, en gloupissant des mélismes aux éteules rebondissants ?  Est-on sûr que les alizarines tordues, étriquées, rocailleuses, sous la brumaille, entrecroisées de grenades et de figues suggèrent un quai  systémique à claire-voie ? Sartre n'aurait-t-il pas arnaqué les deux hommes en les mettant dos à dos ? En plein ravissement, la fuite des fous de Bassan interpelle ! 
Sophie Marie Van der Pas.

Les pros s'tâtent
Je t'ai parlé du Frédo ? Non ? T'as déjà oublié ? Dis-moi, t'as des ulcérations aux synapses ou des poussières nocturnes ? Fais une recherche, bouge la viande qui emplit ta boîte crânienne ; pars en randonnée, en tout cas cesse de fumer les rhododendrons, tu nous fais des pollutions aériennes et en plus t'as la tronche d'un fou de Bassan qui vient de gloupir un bilboquet ! Tu captes ou je dois t'offrir des figues ?
Alors ça te reviens ? Non ! Toujours pas ? T'es étriqué des neurones ? Renonce à JP Sartre, essaie plutôt « Pif Gadget ». J'te remémore le tableau ?
Au sortir de chez le toubib avec le Frédo, nous n'avions pas que des amis… dos à dos qu'il a fallu qu'on s'mettent, mais dignement ! Au rythme où évoluaient les choses, deux options : la fuite ou la grenade !
Je te sens rétif (ve)… t'aimes pas ma prose ? t'as un train à prendre ? tu veux un Dolly Prane ? Bon avant de te déballer la suite va te servir un glass, t'en auras besoin pour dissiper ta brumaille !
Comme j'te dis ! on était là dos à dos avec le Frédo à se faire pronostiquer par une bandes d'enviandés souffreteux, vindicatifs mais assez téméraires pour vouloir nous entreprendre à la gifle… La témérité à cette échelle, presque ça force l’émerveillement ! D'autant que le Frédo prenait déjà sa vitesse de croisière... sa musique rocailleuse du Sud-Ouest remontait à la surface comme la crème sur le lait tellement qu'il leur recommandait déjà d'aller se faire emmancher aux Seychelles ! Un ravissement pour l'oreille… et Hardy !
Pour sûr, nous étions les scandaleux à éliminer, les infects à forjeter. Définitif ! On nous labellisa d'une myriade d'autres termes que j'ai pas capté ! une consécration, en somme, fruit d'une persévérance sans faille parmi les primates et autres gros ongulés du même genre !
C'est sûr, après le flacon de Château Yquem, le copain était un peu secoué  et très disert (comme on dit au Sahara) : ça aide à faire connaissance... moi j'avais pris un flash de rhum arrangé, entre autre... d'une jolie tête de ganja cultivée maison ! Une limonade d'alchimiste en somme ! On papote on papote ; on se dit nos misères avec le Frédo, rien que du bénin mais la stricte vérité ! La bibine ça rend loquace... trop parfois... En fait, lui et moi moi étions là sur injonction... Il s'était fait choper au volant, chargé à bloc, et moi presque pareil... en substance... On ne nous pardonnait pas en somme d’être venus là presque en dilettantes… Mais ça s'est gâté réellement quand j'ai vu Frédo se lever soudain, chercher des yeux quelque chose ; le bec pincé, les joues gonflées, tenter quelques pas fantaisistes le regard entrecroisé, puis gerber consciencieusement sur les deux navets assis en face de lui et dont le karma se manifestait à cet instant précis, sous la trajectoire de son bol alimentaire ! Ambiance sur le quai ma cousine... Côté toubib, on était pénards, pas du genre à troubler les débats, le carabin. L'est un peu connu pour ça, c'est un réservé... tellement qu'il fiche la paix un après-midi entier à une salle d'attente en overdose d'impatients. Lui c'est la palpation mammaire ou la démangeaison de la craquette qui l'accapare ! Notoire ! et avec ça souple sur le contenu des ordonnances... J'en reparlerai…
L'ambiance est devenue rock'n'roll après la gerbe du Frédo ! Surtout quand, royal, il leur a offert un kleenex d'occasion précisant bien que, puisqu'on peut torcher le cul d'un éléphant avec un confetti, on peut tout aussi bien avec ça récurer la gueule à deux blaireaux ! Il y a eu un « blanc », même le silence tournait au ralenti... même la chaudasse qui se faisait ramoner par le doc, avait mis un silencieux ! C'est dire ! Putain le Bordeaux c'est bon à boire, mais à gerber ça fouette ! En plus, plein les mocassins qu'il s'en était mis le collègue ! Le cassoulet sur les blue suede shoes, ça rappelle les tableaux de Pollock, mais en plus petit ! Aux chiottes qu'il m'a fait signe de le suivre alors qu'une haie d'honneur se formait... on ne se gênait plus à notre égard. On a dû se faire un parcours du combattant à cause des jambes répandues dans le passage… Des sournois, des vindicatifs, j'vous dis !
Peinards aux lavabos, Frédo a remis une deuxième couche sur ses pompes passant ainsi tout rebondissant de l'abstraction gestuelle, à l’hyperréalisme gastro-œsophagien… tout un courant... une école ! Moi je vous le dis mes bichons, l'art du gerbi sur les pompes est à la peinture abstraite ce que l'hyposulfite de soude est à la photographie argentique : un révélateur.
J'ai jugé salutaire de nous sponsoriser un petit remontant avant la sortie ! J'adore les sanitaires propres, même si le papier peint est à chier ! Deux traits d'une coke cristalline à souhait balafraient maintenant la porcelaine qui ne s'y attendait pas ! On s'est bourré l'pif copieux ! Entre voyous ; et de nouveau bien frétillants comme la baguette d 'un sourcier à l'approche d'un griffon... nous refîmes une entrée... il ne fallait pas faire languir : quand on a un public, on s'y doit.
Déjà les baffes circulaient, enfin, façon de parler... nous étions les maitres de céremonie… altruistes et généreux ; on allait leur fabriquer du souvenir, de l'inoubliable, on est comme qui dirait des systémiques : quand on a le remède, on applique ! On a repoussé une première vague à coup de lattes dans les narines ! Première moisson : celle des intrépides qui veulent en finir rapidos parce qu’ils ne tiendront pas la distance. Déjà éteule la fenaison ! Frustrant ! Le reste du troupeau semblait avoir des sautes humeuresques, n’émettant plus que des onomatopées, et nous ponctuions leurs glossolalies de doubles triolets de phalanges. Du mélisme pugilistique en quelque sorte !
Nous nous sommes assez vite retrouvés sur la rue ! Un vrai cirque ambulant. Nous allions faire recette à coup sûr ! Un sournois m'avait tonché une oreille. Venu de l’arrière, je ne l'avais pas senti venir ! C’était égal j'avais encore de la monnaie à rendre, et le chambranle de la porte à lui faire déguster ! L'a pas aimé ! Ni faire la bise à du mobilier urbain ! L'abribus est un objet contondant, c'est certain ! couinait un peu le gars. Il avait pris des couleurs et émettait comme un chant tyrolien réinventé... Sa tronche offrait un joli dégradé indigo-alizarine, que t'aurais du mal à reproduire même avec Photoshop !
Au tabac d'en face, déjà on oubliait le Keno et Le Morpion ! Y' avait certainement un ou deux adeptes de La Française des jeux en train de filer un coup de grelot aux archers du roi. Il devenait urgent de s’arracher. On en avait malmené suffisamment pour se faire offrir une nuit de chine nuit câline en garde à vue.... J'y tenais pas ! Autant me demander d'aller me faire bronzer derrière une claire voie.
Paul Polaire.

Brumaille des moissons
La grenade a répandu
Ses poussières nocturnes
Pollutions aériennes
Comme une échelle à claire-voie
Dans la brumaille des moissons
Aux éteules entrecroisées

La détonation a creusé des fuites
Et le sourcier
En digne alchimiste
A répandu son hyposulfite de soude
En psalmodiant des mélismes
Pour renvoyer dos à dos
Ravissement et émerveillement

Sa recherche humeuresque
Rythme comme un bilboquet
Les ulcérations rocailleuses
Qui gloupissent
Étriquées, rétives et tordues
Au lieu de forjeter en rebondissant

Pendant ce temps
L'alizarine des Seychelles
Enguirlande Sartre
Dont la gouaille suggère
Des myriades arnaquées
Sur le quai systémique
Des explosions massives

Vient une époque
s'enorgueillir
De faire de la randonnée
Entre figues et rhododendrons
Pour contempler l'indigo du ciel
Percé par les fous de Bassan
Devient dignement scandaleux
Marjorie Tixier.

À l’alchimiste baroudeur
Aux Seychelles, l’émerveillement de l’alchimiste est rebondissant
De la brumaille, émergent les rhododendrons, la grenade, les mélismes, les figues. Les pollutions aériennesn’empêchent pas le fou de Bassan de gloupir dignement. La myriade des poussières nocturnes suggère au baroudeur une randonnée au-delà du quai à claire-voie vers l’échelle posée sur le pic rocailleux qui forjette de la paroi au reflet indigo. Il ne s’encombre pas d’un discours systémique sur l’humeuresque de Sartre, un coup à s’enguirlander avec le sourcier qui se sentirait arnaqué ! Pas de coup tordu !
C’est presque une fuite à travers les champs de moisson où restent les éteules. Il s’enorgueillit d’avoir quitté un monde étriqué, où il renvoie dos à dos ulcérations de l’esprit et gouaille scandaleuse
Rétif à l’hyposulfite de soude, il a entrecroisé la boule de son bilboquet avec une branche d’alizarine
La recherche d’un bon rythme le conduit au ravissement.
Maïk.

Vacances rétives
Sartre l'alchimiste, en vacances aux Seychelles,
s'enorgueillissait de posséder une myriade d'échelles
et d'arnaquer en rythme les fous de Bassan
en imitant leurs mélismes entrecroisés avec ravissement.

Cette plaisanterie humeuresque et tordue
suggérait que ce sourcier si peu velu,
à la gouaille de baroudeur de quai,
s'y connaissait en rebondissant bilboquet.

Il allait en randonnée dignement,
dans la brumaille, tout en gloupissant
des moissons de figues indigo
et de grenades alizarines dos à dos.

À la recherche systémique du scandaleux,
il enguirlandait de poussières nocturnes en feu
les rhododendrons étriqués dans les éteules
chargées d'hyposulfite de soude veule.

Ce rétif, en fuite face aux pollutions
aériennes avec ulcération,
forjetait d’émerveillement
la claire-voie rocailleuse du vent.
Guillemet de Parantez


7 commentaires:

  1. Je suis sans voix. Quelle qualité, cet atelier !

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  2. sophie marie Van der pas2 juillet 2017 à 21:58

    à m'amuser!! jouissif! et interloquée de la cohérence des textes proposés!! magique!!

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  3. Oui ! Sans voix moi aussi, ébahi, chapeau l'artiste !

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  4. Jonglerie de mots inouïe ! Bravo à tous les cerveaux triturés dont les méninges à la Dure-mère n'ont pas été ménagées débouchant sur un accouchement sans forceps et de beaux nouveaux-nés sans complexes.

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