Béatrice Pailler


Décembre brame impatient.
Dans ses bois un bouquet vert, aiguilles et braises, brûle la saison. 
De bleu et de gris son regard pers lisse le ciel. Vêtu des forêts de l’hiver, il avance vers le terme. 
Sa main gauche porte le gui, sa main droite le houx. 
Sa ceinture pèse de l’or d’une serpe.
Il avance et chaque pas, chaque enjambée, lui ôte son poids d’homme, le poids du temps.
Décembre adolescent marche vers l’enfance de son histoire, à ses lèvres demain balbutie.








Rémoise, Béatrice Pailler a exercé à Reims pendant vingt ans le métier de libraire. Elle se consacre maintenant à l’écriture et uniquement à celle-ci en alternant prose et poésie. En 2015, la société des poètes français récompense du prix « Jean Giono » (prix du manuscrit de prose poétique) son recueil L’heure métisse. Elle a publié trois recueils et participe aux revues Souffles, Traversées, DéchargeLevure littéraireLe Capital des Mots et Les Amis de L’Ardenne ; et prochainement ARPA, Écrit(s) du Nord et À l’index. Présente dans les n° 29, 31, 33, 34 et 35 de Lichen

3 commentaires:

  1. ERIC CUISSARD1 mai 2019 à 09:36

    Intéressant cette fusion saison, animal, nature végétale, homme, temps,monde, espace concrétisée dans le pas du druide. Cela me fait penser à la première scène de 2001, le singe qui balance son outil.

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    1. Béatrice Pailler1 mai 2019 à 12:35

      Surprise de mai, ce texte accompagnait mes vœux fin d’année 2018, merci à Élisée de le publier. Décembre est un mois de lumière (Sainte Lucie, solstice d’hivers…fête chrétienne) tout comme mai, ils sont fait pour s’entendre.
      Merci Eric pour votre lecture. C’est récurrent dans mon écriture ce mélange des règnes et / ou des genres. Mes textes parlent souvent de la création dans sa globalité, sans regret d’un hypothétique paradis. Un ailleurs où les éléments sont omniprésents air/terre/feu /eau, où la respiration/le souffle du végétal et de l’animal s’animent. J’instaure des passerelles entre homme / animal / végétal et vice versa.
      Je n'avais pas pensé à la scènes des singes de 2001 mais pourquoi pas.La vie inscrite dans un cycle se régénère et peut importe la forme.
      Merci bon 1er mai

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  2. L'homme de décembre suinte l'hiver et la forêt... Magnifique ! tandis que demain balbutie

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