Alain Nouvel

Chagrin vaste dévaste le jardin du cœur.
Jardin vaste dévasté de vents venus d'ailleurs.
Vents passants vents passés, vents puissants.
N'est resté qu'un peu d'herbe, un peu d'eau calcinée.



Père et fille

Je te portais comme une enfant, un nouveau-né. Tous les poids ne sont pas de vie, je le sais, mais le tien avait la légèreté d'une âme. 

Je montais dans un train, tu étais avec moi et en moi, dans mes bras tu t'étais endormie. 

J'étais léger d'être alourdi de toi, j'avais "charge d'âme" comme on dit, c'est sérieux d'avoir charge d'âme, mais ce n'est pas un poids. 

Tu étais en mes bras mais tu ne pesais pas, je te portais comme un livre de vie, ta présence parlait en silence. Ça rayonnait depuis. 

Le train commençait à rouler, je voyais le pays de ma vie se dérouler devant mes yeux, tu étais endormie, abandonnée, tout restait silencieux. Et tu vivais tout contre moi.







Alain Nouvel a d'abord vécu sa vie d'adulte en voyage, dans les Antilles, en Chine. Puis il est devenu papa avant d'opter pour d'autres formes de voyages. Il a longtemps erré à la recherche de soi-même. Il ne sait toujours pas où il va, mais il y va plus volontiers.

2 commentaires:

  1. Relation touchante du parent qui voit le potentiel de l'enfant.

    Sinon, j'aime le premier poème, celui en "vaste". Il se prêterait facilement à une mise en musique, même s'il se suffit à lui-même.

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  2. J'aime ici aussi. A nouveau cadre, mots d'un autre impact.

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