Ephraïm Jouy



Qui-Vive

Souffler n’est pas jouer, a-t-elle murmuré

Cachée dans l’ombre sauvage de la rivière d’ocres
Aucune trêve, pas même un soupir
À peine le bruissement d’une quête sans ailleurs
Trace d’ombre érodée

Les larmes du jour se débattent
Dans le secret pourpré des landes d’hiver
Où surgit son cœur noir obsidienne
Entre les voix sourdes des corps interdits

Sur le visage opale, elle trace un sillon d’écume fauve
Aux embruns de cuivre et de bistre
Quelque chose est entré en silence
Et se régale de l’espoir au rêve dérobé

Souffler n’est pas joué, a-t-elle murmuré










Il n’existe pour Ephraïm Jouy qu’une seule vraie nécessité, celle de laisser les mots toucher du cœur le corps des choses, dans la parole ainsi retrouvée. C'est sa première apparition dans Lichen.

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