Vincent Gispert


Langues de pierre
de Sylvia Plath

Taches floues du soleil sur les feuilles rouge vif
Pauvre marionnette de peau et d’os lavée et nourrie jour après jour
Traînée de nuit en jour
Loin des bavardages tranquilles des cauchemars de son corps
Insuline devenant plus jaune et son corps plus mort
Et les mots ne formaient plus que des hiéroglyphes noirs et morts qu’elle ne parvenait plus à traduire en image colorée
Paralysée dans la ténébreuse caverne de son crâne vivant
Parmi les lents scarabées noirs
Voir le soleil trahir et décliner
Dans le gosier noir béant où s’engouffraient les eaux usées
Courbe d’étincelle qui se consumait dans son regard de nuit
Lèpre lente et dévorant son esprit
Haïssant son visage mort

20 nivôse 224



Né en région parisienne et vivant à Paris, Vincent Gispert a publié quelques poèmes dans les revues La Passeet Poésie première. Ce poème est extrait d'un recueil intitulé S'achève bien le silence. Présent dans les n° 42, 44, 45 et 46 de Lichen.

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