Sacha Zamka




Cendres

De petites cendres volettent avant de se disperser dans la chambre qui n’attend plus que d’être incendiée. Je mords ma lèvre inférieure en face du silence : dans l’aube, je me fais le porte-parole des soifs infinies et des ivresses ultimes. Je confonds rosées et sueurs, pluies et larmes. Que peut-on d’autre partager ? Jour en ruines, jour en fragments : j’ai seulement le choix entre désintégrer et anéantir. En face de moi, des musiques fantômes agitent sans cesse les membres des corps morts et des corps vivants. Je fuis sans savoir où me réfugier. Un squelette d’oiseau gîte à mes pieds. J’ai des rêves d’envols et de voluptés et mes yeux se ferment sur ce que j’ai sacrifié : identité, destin, être. À genoux, encore qu’aucune prière ne m’ait été enseignée, je m’offre à des dieux dont le nom a été depuis longtemps oublié. Encore quelques éternités et je serai enfin né.




Né dans les années 1990, Sacha Zamka grandit en France. Après ses études, il se consacre à l’écriture de nouvelles et de poèmes. Ses écrits, hantés par l’enfance, interrogent le deuil, l’identité, la mémoire, dans unelangue où s’affrontent fragments bibliques et expériences quotidiennes. Sespoèmes ont été favorablementaccueillis dans des revues en France, en Belgique, en Espagne etau Canada. Il a publié Poussière et grâcechez Encres Vives et Juste après le silence chez Citadel RoadEditions. Présent dans les n°85 et 104 de Lichen.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire