Au jardin des grenades tu fleuris sous la lune en ta robe de poèmes. Irréelle étoile en la chaleur du nid des mots, te drape le silence d’un déshabillé nuptial.
Sous l’auvent de la grâce céleste
nimbée de chatoyantes moirures
tu irises l’éther en floraison
Me mouvoir en l’inertie du temps,
chaque pas perdu escorte exilé
langage et silence insécables
Laisse écloses mes paroles épouser
la ténuité de rêves avides,
effleurer avec toi l’accorte alliance
Renaître au plus profond du temps
pour t’allouer mon nombre d’or et
implorer le mot secret contre ta peau
Pierre Ech-Ardour réside à Sète. En son rapport intime aux lettres, sa poésie, « tours de mots » où interfèrent extrinsèques lumières et clartés profondes, incarne la parole d’une utopie propice à l’approche des sources du monde. Sa poésie traduit ce battement, cette trame discrète où s’orfèvre le poème ; chaque mot porte le déplis d’une pensée poussée à l’orbe des confins. L’écriture, jouant de sa lumière et de sa contre lumière, laisse doucement à l’entente la palpitation du froissement et du défroissement des mots, conservant perpétuels leur vastité et leur espoir. Ce sont dans ces amples et discrètes variations que la parole trouve son surgissement de visage, cette force particulière d’être elle-même l’envol de ce qui d’un coup se dévoile à la vue et à la pensée et aussitôt se dérobe, insoluble. Et si se laisse saisir par la peau que donne la traverse des langues, des souffles terrestres, des sensualités et des mémoires d’une certaine intimité, sa poésie est une voix portée, une entière adresse à l’humain et à son tremblement d’infinité.
Il a publié une quinzaine de recueils de poésie et a obtenu en 2018 le Premier Prix de Poésie décerné par les Gourmets de Lettres sous l'égide de l’Académie des Jeux Floraux à Toulouse.
Présent dans les n° 95, 97, 100, 103, 106, 107, 109, 112, 113, 114 et 117 de Lichen.
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