Lichen to lick
Comme brillent la rouille et l’or
des parmélies des murailles
je m’habille pareillement d’un velours
marginal que le temps a desséché
j’espère la rosée d’amant providentiel
pour repeindre mes polychromies
de seigle et de garance d’écume
de mer de ventre de biche
un peu de sauvageonne dans le déjà âgé
de la chair imposer la lenteur
comme lèvres ourlées du végétal
qui frottent à la roche grise une lèpre
un baiser réciproque s’y incruste
dessine ses rides et ses crêtes
de coq le squame guaneux
que la pierre ne gratte pas
sa peau minérale accueille le lichen
comme une bouche
qui dit mieux qu’humain la longévité
de son micro-monde et l’âge centenaire
des cicatrices infligées sans blessure
sa langue fongique trouve de quoi
lécher l’âcreté du roc
de quoi le fendre et dans la faille
à nu se fondre
Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Écrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher, à travers des récits et poèmes publiés en revues littéraires et recueils collectifs. Lauréate du Prix de la Nouvelle Érotique 2021 (au diable vauvert) et autrice d'un livre de photographie sur l'enfance, Que jeunesse se passe (éd. J.Flament), elle a publié en 2022 son premier recueil ceux qui m'aiment aux éditions Tarmac, et Peggy m Editions Laplace en 2024. Présente dans les n° 17, 22, 25, 38, HSC, 51, 59, 75, 77, 84, 96 et 104 de Lichen.
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