Patrick Joquel


5 avril 2020 

crépuscule

les chauve-souris d’avril sortent du ciel 
deux grosses

je ne connais pas leur nom

je guette l’autre espèce

les petites chauve-souris

absentes encore

les grosses virevoltent et arabesquent 
ciel vivant

le dernier merle trille leurs courbes

je regarde la nuit ombrer le paysage 
et je songe aux mille joies intérieures 
de ce printemps 

en fin de nuit

le premier thé au balcon suit la plongée 
d’une lune gibbeuse

orange nocturne

un instant posée sur la crête 
puis lentement absorbée 
fondue

fondante

bientôt le premier merle de l’aube

je regarde le jour éveiller le paysage 
et je songe aux mille joies intérieures 
de ce drôle de printemps

confiné 

*

6 avril 2020

ce soir

à leur tour

réveil des petites chauve-souris

la Terre tourne et ses horloges gardent l’heure exacte 
pleine lune et ciel clair

envie de bivouac

de longues marches solitaires et silencieuses

s’ancrer à la Terre 
au monde 
aussi bien ici que là-bas 
juste une question de regard 
de souffle

tout est dans tout

se plaît à dire je ne sais plus qui

le jardin d’en face est un univers

la vue du balcon tangente l’espace

et le temps y passe aussi bien qu’ailleurs

juste une question de présence 
de laisser passer

la traversée du jour

une ouverture 
un silence

avec une odeur de fleurs 
les cerisiers 

Animateur de la revue CairnsPatrick Joquel habite à Mouans-Sartoux (06). Son site : www.patrick-joquel.com. Présent dans les n° 28, 29, 32, 34 de Lichen.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire