Nicolas Boldysh






La Mer à Carnon

Devant moi
la mer toujours s’enlisait
dans cette même couleur âpre
et épaisse
du large
Qui n’est ni du bleu ni du vert
ni leur mélange
mais bien un
gris marbre d’indistinction

Et plus je m’approchais à tâtons
dans la nacre et la silice
d’Elle
comme pour la retenir de choir vers
l’Afrique à l’horizon
Et plus je sentais
qu’Elle était faite de ce marbre
arraché
au mur infini des Lamentations

Partout
ni verte ni bleue
de marbre
la Mer à Carnon
où le Temps se noie
et re-noie
dans la prison des vagues




Nicolas Boldych est né dans les Hautes-Alpes en 1974, mais passe son enfance et son adolescence à Montpellier. Passage aux Beaux-Arts, études d’histoire de l’Art et linguistique. Passion pour les langues slaves, romanes et finno-ougriennes. Nombreux séjours à l’étranger, essentiellement en Europe orientale (Macédoine, Tchéquie-Slovaquie), et du Nord (Baltique, Belgique), en tant que professeur de français. De ses expériences il a tiré des livres dont Voyages à Tervuren, à paraître en mai aux éditions du Canoë. Depuis son retour en France il s’accroche aux montagnes par le dessin et l’écriture (Le Dessin des montagnes,
Editions Voix d’encre, 2021) (https://lalignedesmontagnes.blogspot.com) . Collabore avec différentes revues : les Cahiers d’Eucharis, Les pays habitables, Traversées (Belgique), l’Intranquille. Présent dans le n°108, 114 et 115 de Lichen.

 


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