Le mot d'Elisée Bec

 

 

 

Lichen a dix ans, déjà !





En effet, c’est en mars 2016 que j'ai créé la revue de poésie Lichen. Nous séjournions alors sur l'Île de la Réunion où nous venions de passer tout l'hiver, nous rendant souvent sur la route des laves, sur la côte est. Depuis un mois ou deux, l'idée de créer une revue en ligne me trottait dans la tête, car je voulais faire circuler les poèmes de ma compagne, Colette Daviles-Estinès (qui n'avait pas encore publié de recueil, à l'époque), et de quelques ami(e)s. Le titre m'en a été inspiré par la vue de ce lichen repoussant courageusement sur les coulées de lave à peine refroidies, ainsi qu’il est toujours indiqué en exergue, sous le titre de la revue, en « chapeau » de chaque numéro.


Pourquoi une revue en ligne ?

Tout simplement pour des raisons bêtement économiques et pratiques...

Économiques, car la mise en ligne est gratuite (j'avais utilisé, grâce à mon amie Polo, une simple structure de blog) et ne coûte que le travail (correspondance avec les auteur(e)s, choix des textes, maquette, corrections, mise en page dans Blogspot, mise en ligne, suivi des commentaires, récolte des mots donnés, etc.).

Pratiques, car étant alors souvent en voyage, je n'avais ni l'envie, ni le temps, ni les moyens financiers d'assurer visites aux imprimeries, stockage de cartons de revues invendues, gestion des abonnements, expédition aux auteurs et lecteurs, dépôts en librairies, etc.).


J'ai donc d'autant plus d'admiration pour mes collègues qui continuent, contre vents et marées, à produire recueils et revues en papier et à assurer et assumer toutes ces tâches ingrates et coûteuses (je pense, en particulier, à mon amie Cathy Garcia et ses Nouveaux délits, mais aussi à beaucoup d’autres). Malgré mon grand amour du papier, de la matière, de l'objet-livre, j'ai donc choisi cette voie électronique, technologique, dématérialisée... et permettant la publication depuis n'importe quel endroit du monde (j'ai ainsi pu mettre en ligne, au fil des années, depuis la Réunion, le Viet-Nam, la Nouvelle-Calédonie, Tahiti et même la Haute-Provence...).


Suite à des soucis de santé, j’ai souhaité « lâcher la barre » et, heureusement, très vite, Nadège Cheref, de Sète, a courageusement accepté de prendre la relève, depuis le n° 87 (août 2023) — ce dont je ne saurais trop la remercier.


Dans l’éditorial du n° 1, j’écrivais : « De mauvaises langues prétendent qu’il y aurait plus de personnes à écrire de la poésie qu’à en lire, mais cela ne nous paraît pas concevable : comment peut-on écrire sans lire ce qu’écrivent les autres ? Pour notre part, nous écrivons (un peu, beaucoup, passionnément) et nous lisons (beaucoup, beaucoup).

C’est pourquoi nous nous accordons le droit de ne publier, dans les pages de Lichen, que des textes que nous aurons profondément aimés, qui nous auront — d’une manière ou d’une autre — de près touchés. Notre ligne éditoriale sera donc faite de plaisir, d’amitié, de simplicité, de sobriété, de clarté. A priori, nous avons envie de privilégier la forme brève, mais nous n’avons pas de dogme. » Je n’ai pas le sentiment que nous nous soyons beaucoup éloignés de ces positions tout au long de ces dix années…


Longue vie encore à Lichen, à ses auteur(e)s et à ses sobres et sympathiques pages blanches et grises !


Élisée * Bec


(* à toutes fins utiles, je rappelle que, malgré son « e » final, mon prénom est un prénom masculin, comme celui du prophète biblique ou, plus près de nous, du géographe anarchiste Élisée Reclus).



 



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