Un dimanche à Lisbonne
Les drapeaux déchirés
tout autour du manège immobile
aux engins futuristes "années 60"
flottent dans le même vent
où glissent les avions
vers Portela
et chauffent inutilement l'air
au-dessus de la Feira popular.
Dans ce recoin cerné de soleil blanc
j'ai mangé six sardines
au goût de mer
et des tomates au goût de tomates.
Parmi d'autres, autour,
aux regards tristes
et toujours au bord de sourire,
je suis seul avec Lisbonne
que je quitte en cachette
comme on peut vouloir fuir de soi
parfois.
C'est que quelque chose ici
vous pousse d'une main aimable
juste devant vous-même,
face à un secret
tout au fond de vos secrets.
Eric Sarner, poète, documentariste et également traducteur aime à se définir comme un « voyageur-chroniqueur ». Né au carrefour de plusieurs cultures, langues et climats, son travail aborde des thèmes, domaines et formes multiples, dans une cohérence secrète, au fil de coups de coeur.
Il a récemment publié :
"L'attraction du ciel", 2024, Ed. Les Venterniers, une suite de 22 poèmes correspondants au 22 arcanes majeurs du Tarot de Marseille.
"Lisbonne est une fable", 2024, Ed. Tarabuste, un récit de voyage, une dérive dans la géographie réelle et mentale de la capitale portugaise.
"99 codas", 2023, Ed. La Rumeur libre, 99 "fins de récits" … à ceci près que ces récits n'existent pas et sont à inventer par le lecteur.
"Sugar et autres poèmes", 2021, Poésie/Gallimard, un recueil en cinq parties : "Sugar", dans lequel la poésie croise la boxe ; "Expérience de l'hiver", "Petits chants de proximité", "Presque un chant d'errance", un lexique personnel de 80 mots de judéo-espagnol et "Petit carnet de silence", notes d'une semaine de mutité volontaire.
En 2014, Éric Sarner a reçu le prix Max Jacob et en 2024 le Grand Prix de poésie Robert Ganzo pour l'ensemble de son œuvre.
Invité à se définir, Eric Sarner affirme :
J’écris sur Fernando Pessoa et sur la boxe, sur les mères de la place de Mai de Buenos Aires et sur Marcel Duchamp, sur le ladino, la langue des juifs d’Espagne et sur l’art de Frank Sinatra. Je respire ainsi. Complètement. J’aime les puzzles.
Les choses attendent toujours qu’on les conjugue. Présent dans le numéro 108 de Lichen.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire