Soir natal
Des claves de bois creux rythment notre rêve
comme au jour de vent d’est la barque à son appontement.
Les pêcheurs sont déjà loin dans leur nuit,
et c’est l’heure pour les heures
de bercer le port de la presqu’isle.
Le soir est un pays attentif aux chants des frères
et l’eau et le bois, et les claves marines,
la danse mystique des choses,
remontent aux chambres closes de l’origine.
Et déjà tout se fait plus lent, plus noir,
plus lente la scansion
du monde
où souffle moins de vent, moins de mémoire…
Sur le ponton,
la saison profonde
glisse son ombre vers la barque
et dans la nuit attentive au rythme du bois creux
sa main amie défera l’amarre.
Aldo Bruni doit la première partie de sa vie à la mer, à une maison, aux gens du voyage, à des mystiques… La seconde à la musique, à une maison et à Paris.
Il écrit inlassablement le même texte qui emprunte à la berceuse, où il est question de cycles… Présent dans les n° 108, 109, 110 et 111 de Lichen.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire