Samaël Steiner

Overseas

J'ai pensé à vous. J'imagine que tout est terminé maintenant. Vous devez y être. Enfin et quel bonheur. Je pense à vous. Vous devez être bien. Ici je peux dire deux choses, je ne mange pas beaucoup et j'ai rêvé d'une rivière où les animaux qui venaient boire étaient des courbes, des segments, des angles.
Ce matin, plus rien ne me semble familier. Ai-je de quoi déchiffrer ?  J'ai le temps.
Je vous embrasse, où que vous soyez.


Au bout du parking

Il y a un loup au bout du parking
devant les arbres
maigre et grand
Avec cette lumière je vois son corps
toujours en mouvement
J'ai coupé le moteur
Il y a un homme à côté de moi
il a posé son sac à ses pieds
il fume
sa bouche est humide
comme moi il regarde
et je me répète cette phrase :
je ne laisserai rien au cynisme.


Ton corps est un nénuphar ou une orange, choisis !

J'ai perdu le contrôle
ce matin
sorti mes mains de mes poches
touché ce corps
compagnon de sécheresse
découvert d'autres voies.
Si l'orange est cloutée
c'est de désir pour toi.
Je te le dis.








Éclairagiste (pour le théâtre, le cirque et la danse), Samaël Steiner est aussi poète et auteur pour le théâtre et la radio. Fondateur d’une troupe de théâtre à Strasbourg, d’un « Laboratoire d'Analyses et de Recherches Théâtrales » (L.A.R.T) et d'un festival pluridisciplinaire artistique, le Festival « Petite Patte » (2005), il cherche à mêler la poésie aux arts vivants. Il a publié un récit poétique, Vie imaginaire de Maria Molina de Fuente Vaqueros (éditions de l'Aigrette, mars 2016), et Seul le bleu reste (éditions Le Citron Gare).

2 commentaires:

  1. J'aime ces scènes fugitives, ce réel-irréel, souvenirs tordus (par la douleur?), au delà!

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