Michel Diaz

Un poème sans titre
(inédit, extrait de la suite Dans l'inaccessible présence)


Tous ces mots
la plupart inutiles

Juste pour déplacer
l'ombre un peu
l'ombre trop lourde
qui écrase

Juste pour avancer
un peu plus vers là-bas
sur un chemin d'abîme

Juste pour
essuyant la vitre et
la glace sans tain des années

entrevoir la clarté du fanal
dans la chaleur duquel
comme une flambée brève
un fagot de sarments

a brûlé la maison
de l'enfance











Michel Diaz a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages (textes dramatiques, poétiques, nouvelles) chez différents éditeurs (P.-J. Oswald, J.-M. Place, Jacques Hesse, L’Amourier, L’Harmattan, Christian Pirot, N & B, L’Ours blanc, Cénomane, Musimot…). Outre des livres d’art en compagnonnage avec des artistes, peintres ou photographes, il a travaillé également sur de nombreux livres d’artistes à tirage limité. Collaborant à des revues (Chemins de traverse, L’Iresuthe, CRV, Poésie/Première, Écrit(s) du Nord, La Voix du basilic, Encres vives…), il est directeur de la collection « Nouvelles » pour les éditions de L’Ours blanc.

3 commentaires:

  1. Il est beau, ce poème d'une gravité non fermée sur elle-même car elle explore en profondeur, "juste pour..." Merci.

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    1. Quand les mots font ainsi écho, chez un autre jeteur d'écho,c'est sûrement qu'ils ont su aller juste. M. Diaz

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  2. J'aime cette quête essentielle et pourtant si difficile que vous exprimez ici dans un désespoir qui laisse encore filtrer quelques lumières.

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