Le hangar des mots moches


Le « hangar » : « une sorte de grosse benne à mots. Et dedans, on pourrait ranger les mots qu'on n'aime pas », selon les termes de son inventeuse, Sylvie Franceus.

De Laurent Thines, médecin et poète, encore un autre extrait de son recueil La Garde de Nuit, spécialement dédicacé au hangar aux mots moches :
- [...­] Trichotillophagie, encéphalite spongiforme, ramollissement cérébral, plaie cranio-cérébrale, méningo-ventriculite ; 
- fonte purulente de l’œil, exentération orbitaire, aphtose buccale, chicots, phlegmon péri-amygdalien, varices œsophagiennes, reflux, vomissements fécaloïdes ;
- candidose des plis, hémoptysie, pleurésie, myxome de l’oreillette, panaris [...­].  

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De Sylvie Franceus :
dividende, à cause des divisions et des calculs acrobatiques ;
gésir, à cause de l'épitaphe que je ne saurais jamais écrire
baïonnette, à cause des trous et d'un souvenir précis d'un très vieil homme qui m'avait montré son ventre et les traces des percées d'une baïonnette ennemie ;
grumeaux, parce que ça veut dire que ma béchamel est ratée ;
brûlures, parce que ça fait mal et ça laisse des traces parfois chéloïdes ;
adieu, j'ai pas les mots pour dire le chagrin.

1 commentaire:

  1. L'Inventeuse de la benne à mots moches, par délicatesse les emballe d'explications non mochaillonnes, cousues main en point d'à cause ou de parce que d'où partent, lecture faisant, des rubans de virettes vers de songeurs prolongements, ah j'aime !

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