Le don de mots 12

« Pour le n° 12, Guillemet se doit de faire des alexandrins » (Éric Cuissard).

Bon, douze pieds pour le 12, c’est le pied ! (il suffit de compter sur ses orteils.) Alors en avant marche ! Avec 44 mots donnés par 23 lecteurs/lectrices que je remercie vivement, voici :

Un marsupilami allant, exsanguino,
S’accorder doucement en mode staccato,
Rencontre en son chemin un petit trébuchet
Tout armé pour l’assaut d’une tasse de thé.

Ce philatéliste — bête qui roucoule —,
S’enfuyant en courant de cette cage-à-poules,
Avale des sarcives avec la volupté
D’un mécompte hadal par le banquier happé.

Et pendant qu’en silence, rieur tonitruant,
L’arpenteur le poursuit tout en versifiant,
L’on peut voir en effet le gros méchant avide
Crier résolument : « Je veux la weed ! la weed ! »

Emportant parélies et arcs en son sillage
Dans l’attente pressée d’un fort carambolage,
Le mot vermiculaire prend dans ses entrelacs
Prurit à profusion et sombre ravenala.

Je n’aimerais pas passer pour un outrecuidant,
Diffracter la rature sans un ébruitement,
Mais je vois la symbiose qui partout s’amoncelle
Réverbérant les chiffres et les lettres plurielles.

Nul ne le rattrapera, ce fuyard réfractaire
Continue de courir, genoux et ventre à terre…
Il ne sera sujet d’aucune compassion
Car, con, nous ne nous laisserons pas faire, con * !


* Ce dernier vers est un « alexandrin toulousain », car, comme on le dit là-bas : « Con, chez nous, con, c’est la virgule, con ! ».



« Mécanicien lexical », « bidouilleur sémantique » (selon ses propres termes), Guillemet de Parantez (secrétaire de rédaction de la revue Lichen, mais aussi trésorier de mots, balayeur, bref factotum) est tombé dans un pot d’Ouli quand il était petit. Visiblement, il ne s’en est pas remis…

4 commentaires:

  1. Ça commence La Fontaine, con, ça se poursuit Victor Hugo, con, pour finir cassoulet, pute vierge!

    RépondreSupprimer
  2. Poème de haute voltige pour un jongleur de mots ! Merci !

    RépondreSupprimer