Hoda Hili

Nasses
(Aphorismes poétiques)



XVII.
L’urgence à vivre, ce n’est pas parce que tu meurs un jour mais parce que tu meurs d’envie de vivre et tu te retiens

Pense donc quel génie rance nous avons : créer et nous affliger de subtils carcans !
Voilà ce qui est urgent : rompre avec les lignes, rogner le passé
Renoncer, sainement, à ce qui inhibe notre vitalité face à la mort


XVIII.
Quand nos mots sont trop proches du monde
Le silence nous réprime d’impuissance


XIX.
Tu te scandalises d’un faisceau d’injustice ?

Méfies-toi des médias, ce sont aussi des nasses
La vérité est un perpétuel sang versé que nos mensonges bienséants

sacrifient par impuissance, de l’effroi massif




XX.
Les lacs gelés me procurent de la nostalgie
Il y a des rêves purs qui font du sommeil une vie
Je me souviens de ton visage aimé, jaillissant joyeux des profondeurs lacustres





Hoda Hili est philosophe de formation. L'indicible tu par le concept, porté par l'autre langue qu'est la poésie, comme dit Yves Bonnefoy, est son medium de prédilection. De Rodenbach à Vence est son premier recueil poétique publié (Éditions de l’Eau douce, septembre 2016).

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