Frédéric Perrot

Elle se sent éphémère

                                                 Pour toi, Birte

Elle découpe les feuilles mortes de son avocat
Arrose l’orchidée mauve convoitée par le chat

Sur le tapis d’un blanc uni
Un puzzle inachevé

Elle soupire sur son ventre rebondi
Ses gestes fatigués

Elle étend les vêtements de l’enfant à venir
En se disant qu’elle a envie d’un verre de rire

Elle espère que cela sera bientôt fini…

Comme la neige qui tombe
La musique qui passe

Le chat qui file sans raison
La beauté fragile de l’orchidée

Elle se sent éphémère
Captive de l’hiver




  




Frédéric Perrot

Né à Nancy en 1973, il a très longtemps vécu à Metz et s’est installé à Marseille voici quatre ans. À ce jour, il a publié une quinzaine de textes dans la revue Traction-Brabant (de Patrice Maltaverne) et un recueil auto-édité (Les heures captives, 2012). Ce poème est extrait du recueil inédit La solitude imaginaire.

1 commentaire:

  1. Un poème rare sur l'enfantement que seule une femme pouvait écrire mais écrit ici par un homme. Original.

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