Éric Cuissard

Brutal klaxon

Au miroir
Un reflet écarlate
Trop
Violent
Éparpille la lumière du silence patiemment concentré en douce habitude.

Sans doute conviendrait-il alors de
Briser la glace
Au risque de démultiplier le phénomène.

Le tain des mémoires occultes
Bloque la transparence du verre.

L'image obligée
Ne peut plus alors être
Oubliée
Qu'en un palais des mirages.

Pente

La rue descend
Lentement
Irrémédiablement
Entraînant le monde dans sa course
Le monde qui se bouscule
Se bat
Se défend
Mais il n'y a rien à faire
La rue descend
Comme un toboggan
ELLE AVALE LES ENFANTS.






Éric Cuissard habite à Reims. Il publie poèmes et récits courts en revue, depuis une quarantaine d'années : Sol'Air (Nantes), Rétroviseur (Lille), Friches (Haute-Vienne), Inédit Nouveau (Belgique) et Phooo (Calcutta). Deux recueils publiés : Sténopé (Sol'Air), Angles des Cris Purs (Books on Demand).

5 commentaires:

  1. Bonjour Éric ! J'aime ici l'acuité de votre attention à un réel dont elle met au jour d'inattendues puissances... Fascinante ogresse que cette rue ! L'un et l'autre poèmes s'avèrent saisissants car à un début d'apparence presque anodine succède vigoureusement l'entrée dans le complexe (Brutal Klaxon) ou (Pente)l'inéluctable.

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    1. Bonjour Clément! Le titre brutal klaxon est venu plus tard, après lecture d'"aller simple" de Renée Guy Cadou: Ce sera comme un arrêt brutal du train... Martine Caplanne a mis en musique et chante joliment Hélène et Guy Cadou. Vous trouverez son site sur internet.

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  2. Cadou le tutélaire ineffacé, le simple si complexe, ce chaleureux qui savait déjà tout... Amitié !

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    1. Oooh! René! Incorrigible!

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  3. Merci Eric pour ces mots déréglés et ces belles images !


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