Colette Daviles-Estinès

Baie d’Ha Long


La nuit désamarrée
se lève à bâbord
puis à tribord
Ainsi tournent l’aube
autour de la baie
la baie autour de la jonque
la jonque autour de l’ancre
Lumière calligraphiée
d’une risée d’étain et d’émeraude
Ainsi tourne le ciel lisse
Tout au bout de l’infini monde
Jamais tant pris le large
dans l’eau de ton silence

 


Mon sang du nord


Hi Phòng
Ma grand-mère est née là
On m’a dit : ça se voit
Vous êtes typée du nord
Mais Hi Phòng est muette
Absente de sa propre histoire
Port qui n’en finit pas
De traverser l’écume naphtaline
Tous flamboyants éteints



Hi An

Hi An sous la pluie
fleurit de translucides pétales cirés
Hi An sous la pluie
multiplie les soleils de soie
Hi An la nuit
roule un silence épais et fluide
lourd comme l’eau




Nombre de textes de Colette Daviles-Estinès ont été publiés dans des revues de poésie. Son recueil de poésie (Allant vers et autres escales) a paru aux éditions de l’Aigrette. Voir son site : http://voletsouvers.ovh.

4 commentaires:

  1. Oui !! Ces estampes de beauté ne se balanceraient pas sur la jonque de leur poème sans qu'un paysage intérieur d'eau et de lumière vous les fasse écire.

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  2. Mémoire de l'eau de là.

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  3. "Tous flamboyants éteints", expression bien trouvée parce que pleine de sens ici.

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  4. Une rotation qui hypnotise et charme comme la mélodie des coquillages spirales.

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