Clément G. Second

À verse

La pluie lave l’abcès de l’abondance,
s’écoule dans les oublis, arrose en vain les sables,
devient larmes d’étés gros d’arriérés plombeurs

En noyant la soif elle en creuse une autre,
fichée sous la peau rêveuse d’ors de poussière
et de dalles à blanc pour que les pas  brûlent,
prochains du soleil

                       Le désir au désir s’en prend ; s’en déprend
la bouche qui ne sait les mots de son secret

On reste le front collé sur l’opaque des vitres
et le regard, le long regard dans le vague se perd,
tâtonnant orphelin vers un biais
d’immérite au présent du furtif
qui fende la profusion de gouttes déciellées


Véhémence de l’air

Le vent saisit au chignon la beauté des arbres
qui  se cambre et le secoue d’autant, furibonde, 
ô  Amants !

Sortir de la maison, enfiler sous les heures
les oripeaux de parfums qui s’échangent !

Or y voici des mains, des yeux libres qui foncent
plus avant dans l’oubli des sagaces,
là même où les à-coups, gifles perdues,
caresses de folie, se ruent
sur place vers leur propre saison

Ne plus entériner la fable atmosphérique !

Oh, sous la dictée frondeuse des branches
aux remous décochés zébrant le gris,
si s’échancrait l’immense aux jeux cerfs-volants ?






Clément G. Second écrit depuis 1959 : poèmes, nouvelles, notes sur la pratique de l’écrit. Plusieurs recueils publiés, d’autres en cours. Poèmes et autres textes dans AccentLibre, Le Capital des MotsLa Cause Littéraire, 17 secondes, Harfang, N47, Paysages écrits, Terre à Ciel.

8 commentaires:

  1. Météo des désirs! Avis de tempête! J'aime bien les dalles à blanc sous les pieds nus!

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  2. ET voilà, scotchée, comme à chaque fois.

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  3. Comme Joëlle. Et même, emportée/noyée...*******

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  4. Colette,Joëlle, Éric, quel plaisir de vous retrouver parmi les autres Lichéniens, dans le vivant Salon de notre indispensable Élisée ! On y est si bien, singuliers et ensemble ! Vive la POAISIE ! Souriante amitié.

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  5. "Et le regard, le long regard dans le vague se perd", c'est bien vu, si j'ose dire.

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  6. La bouche a bu la pluie amère, la soif demeure...

    Merci d'avoir déposé votre message...

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