Abir Khalifé

Deux poèmes
traduits de l’arabe (Liban) par Antoine Jockey


Myrte figé

Donne-moi du temps pour que je libère mon âme de ses idoles.
Mon âme est à présent
Un myrte figé.
Laisse-moi clore mon histoire
T’oublier
Et m’unir au monde.

Je me détache, glacier à la recherche d’étrangers.
Les battements de mon cœur s’accélèrent
Piétinent la prière de la vie
Trouvent la fleur de la création cueillie
L’oiseau étourdi emprisonné
Et l’espoir désespéré.

Je me construis une haie
Car nul mirage dorénavant.


Tyran

Je tourne le dos au miroir
Mon ombre se camoufle entre sable et verre
Et tu arrives avant moi car
Tu sais traiter avec la lumière.
Nulle ressemblance entre nous donc.
Nulle ressemblance entre l’homme et son ombre
Ils sont une seule et même chose.

Tu as trop parlé d’un tyran avant sa chute
Alors j’ai affiché la pudeur de l’écoute.
Et j’ai longtemps soupiré après ta chute avec lui.





Née à Beyrouth en 1986, Abir Khalifé a étudié les mathématiques appliquées et l’informatique à l’Université libanaise. Poète, elle a publié dans un certain nombre de revues et de sites web, ainsi que deux recueils : Je suis la princesse, je suis l'esclave (2011) et Ce qui est mort est né (2013) et en prépare actuellement un troisième.


Né à Beyrouth en 1966, Antoine Jockey vit à Paris depuis 1990. Traducteur d'importants poètes arabes tels que Abdul Kader El-Janabi, Paul Chaoul, Abbas Beydoun, Sargon Boulus, il est aussi critique littéraire et correspondant des quotidiens arabes AI-Hayat et libanais Al-Mustaqbal.

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